Le commercial va mal. Le commercial est alcoolique. Le commercial est une loque. Le commercial est au fond du trou. Son jeune et hardi stagiaire tente de faire face seul aux embûches qui parsèment le chemin du VRP en brouettes. Il y croit, il en veut, il se bat. C'est sans compter la redoutable concurrence qui s'annonce : un pugnace et imaginatif vendeur le précède dans les étages et le porte-à-porte. Lequel saura le premier gagner le coeur des ménagères ? Qui des deux l'emportera ? Le stagiaire saura-t-il sortir son vieux maître de la fange et de l'ombre, où il moisit comme un melon trop mûr, pour mener à bien son dernier combat ?
Après Mémoires d'un commercial (nominé pour le meilleur scénario à Angoulême 2004), le pochtron favori de Morvandiau, créé dans les pages du journal Ferraille en 1996, revient dans les cordes impitoyables du capitalisme mondialisé. Comme dans la quête initiatique du premier opus, Les Affaires reprennent mélangent allègrement lois supposées du marketing, poésie éthylique, humour de comptoir et suspens insoutenable. Mais ici les protagonistes ne s'affrontent pas qu'au travers du délire existentialo-pragmatique d'un chef des ventes à la dérive. La réalité de la concurrence est là, tangible, dure, incontournable. Certes, le vieux fauve a un coup dans l'aile, il est comique, pathétique, idiot, ordurier et agressif. Mais un commercial qui cite Darien ou Desnos n'est pas totalement perdu. En tous cas, pas pour tout le monde.
Morvandiau retrouve ici la collection Centripète qu'il a involontairement initiée (à la parution de Mémoires d'un commercial) en complicité avec la graphiste Kate Fletcher (Homecooking éditions), par ailleurs éditrice de son dernier ouvrage, D'Algérie, paru en 2007.
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> Du même auteur chez les Requins Marteaux :
Mémoires d'un commercial
Morvandiau range sa chambre
Santa Riviera - Le Venin des Passions
Initialement édité chez Audie en 2002, cet album a été nominé à Angoulême en 2003 pour la qualité de ses dialogues. Mais ce n’est pas là toute la valeur de cet ouvrage. En effet, Guerse & Pichelin trouvent ici toute leur puissance d’expression et maîtrisent parfaitement les thèmes qui leur sont chers tels que les conflits sociaux, la misère sexuelle et l’apéro.
Pilier du journal Ferraille, ce célèbre tandem a fait un passage dans le magazine Fluide Glacial de 2000 à 2005. Les losers sont des perdants est l’un des fruits de leur collaboration à ce magazine réputé. Tout au long des multiples épisodes courts qui sont publiés ici, ils développent leur humour subtil et néanmoins redondant qui a fait leur célébrité. Ce recueil fait suite à C’est pas tous les jours fête paru dans la même collection et complète les deux tomes de la série Amours, sexe et bigorneaux parus également chez les Requins Marteaux. Les auteurs se mettent en scène dans leur ville d’Albi et à partir de leur univers quotidien, ils inventent une sorte d’autobiographie fantasmée. Dans leur quartier général, le bar Jour de Fête, ils mettent au point des stratégies cocasses et systématiquement désastreuses pour vaincre leur ennui profond et dépenser leur maigre RMI.
Avec cette ré-édition somptueuse, ce livre retrouve sa place dans le panthéon de la bande dessinée, c’est-à-dire à côté des fameuses Authobiography of me too de Bouzard.
Pendant de longues années, le tandem Guerse & Pichelin s'est amusé à disséminer dans plusieurs revues les petites histoires à caractères pseudo-autobiographiques de la série "Les nonchalances illustrées et commentées". C'est ainsi qu'on a pu découvrir la vie très largement fantasmée de ces deux piliers des Requins Marteaux mais aussi du célèbre bar albigeois "Le Jour de Fête". Sous le titre évocateur de "C'est pas tous les jours fête", paru en 2000 dans la collection Ferraille des Requins Marteaux, ont été réunies une grande partie de ces histoires pré-publiées dans Ferraille, Good Stuff ou encore L'oeil électrique... Cette version remaniée a vu le jour au tout début de l'année 2005 pour la plus grande joie des amateurs de tournée du patron et du jour de RMI !
«Mais Maître… Comment vendre des brouettes ?»
C'est à la grande époque qu'il vendit ses premières brouettes, alors que les voix de la réussite souriaient aux honnêtes commerciaux virils. Que de chemins parcourus depuis…
Dans les épisodes précédents nous avions laissé Bouzard aux prises avec son stupide chien Flopi. Ils nous reviennent tous les deux pour assener un ultime coup de tatane dans le ventre convulsé de rire de fans déjà conquis. Salué par ces pairs, encensé par la critique, Guillaume Bouzard a su s’imposer avec la série des “autobiography of me too” comme le maître incontesté d’une veine de la bande dessinée autobiographique décomplexée. Grâce à l’alliance d’un talent graphique hors norme et d’un Humour imparable longuement mûri chez les éditeurs indépendants (Les Requins Marteaux, 6 pieds sous terre avec la série “Plageman”, le Psikopat …), Bouzard développe dans ce nouvel album son goût pour les situations burlesques et improbables. Mettre en scène son quotidien avec autant de verve et de fraîcheur, seul le “prince de la bande dessinée underground” pouvait renouveler l’exploit dans ce troisième opus !


