UTOPIA PORCINA Martes BathoriTandis que vingt ans après 1984, TF1, avec sa « Ferme des Célébrités », vend du temps de cerveau humain à Coca-Cola, les Requins Marteaux s'attellent à l'édition du chef d'œuvre oublié de l'illustre illustrateur entomologiste Martes Bathori : Utopia Porcina, perle aux cochons de la littérature graphique d'anticipation, dans lequel les porcs ont des travers tellement humains, et les hommes sont de telles têtes de lard, qu'il n'est pas sans évoquer La Ferme des Animaux de Georges Orwell : « Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l'homme et de l'homme au cochon, et de nouveau du cochon à l'homme, mais déjà il était impossible de dire lequel était lequel ».

Dans son premier livre, paru aux éditions du Seuil, Mister Q. VS Djakarstadt, Martes Bathori, né au siècle dernier dans les Carpates transylvaniennes, nous narrait les exploits et turpitudes d'un curieux fonctionnaire aux prises avec une métropole où l'apparence et la chirurgie esthétique sont érigées en art de vivre. Dans Utopia Porcina, nous sommes en 2019, la compagnie Spéck Ltd vend de l'humain en boites, et celui-ci est élevé à St Simon et à Plutarque. Comment en sommes-nous arrivés là ? Les cochons auraient-ils saisi ce qui nous avait échappé ? La révolution de 2018 qui vit la suprématie des porcins s'imposer à l'homme a inversé les rôles et désormais l'humain semble résigné à sa fonction d'animal d'élevage, tandis que les bourreaux d'aujourd'hui font preuve d'une humanité surprenante, surtout pour des omnivores hermétiques au sacrifice du Christ.

> Sans collection / Cartonné 235 x 300mm / 104 pages illustrations en couleur / ISBN : 2-84961-019-4 / 25,50 €